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Trisha Cornforth, reporteur pour la section allemande du journal
"Der Kanadier", ainsi que pour la radio-télévision
CFN/-RFC, (fin 1978 à fin mai 1994).
Le "Der Kanadier" original était l'hebdomadaire des Forces canadiennes en Europe. Il parut, à Lahr, Forêt-Noire,
Allemagne, du 1er juillet 1970 au
25 mai 1994, c'est-à-dire,
presque jusqu'à la fermeture de la Base des Forces canadiennes
de Lahr, (mi-août 1994).
Remplaçant temporairement l'aéroport international
de Strasbourg,
l'aéroport de Lahr "prend
son essor"!
Le lundi, 17 juillet 2000, les premiers vols programmés
ont atteri à - ou décolé de l'aéroport
de Lahr, au terme de nombreux mois d'efforts frénétiques
en vue de se conformer aux règlements en vigueur, tel
qu'exigé par le gouvernement allemand.
Ce dépannage n'est pourtant que temporaire, puisqu'il
ne doit durer que jusqu'au 25 août. En effet , la piste
d'atterissage de Strasbourg devant subir des réparations,
celle de Lahr doit recevoir environ le tiers du traffic aérien
normallement échangé entre Strasbourg et divers
aéroports européens.
Quant au reste, il sera dévié vers Colmar, Metz
et Mulhouse - qui dessert également Bâle. Le mot
"Lahr" ne paraîtra pas sur les billets d'avion,
étant donné que cet aéroport ne fait que
se substituer à celui de la "Capitale européenne".
Nonobstant l'opposition de nombreux riverains, cela représente
tout de même un grand pas en avant pour l'aéroport
de Lahr, qui a, ainsi, l'occasion de prouver son potentiel en
fait de capacités !
Quoiqu'en partant, les Forces canadiennes aient laissé
de bonnes facilités à l'aéroport, la Cie
de l'aéroport de Lahr a investi plus de DM110.000 en infrastructures,
au cours des quelques derniers mois, afin de satisfaire aux règlements
stricts du gouvernement allemand en matière de sécurité.
Il lui a donc fallu entourer la piste d'atterrissage même
d'une clôture, afin que les gens ne s'y aventurent pas.
La discothèque V-8 (se référer aux clichés
de la section cartes), a dû être rasée, car
trop proche du 1 ATU (ancien 5 AMU). Ceci ouvre la voie à
l'aménagement d'un nouveau terrain de stationnement pour
les passagers. Des espaces où se garer ont été
dessinés sur le tarmac même, et la sécurité
renforcée au 1 ATU, tous les barreaux des fenêtres
étant maintenant solidement soudés.
- À l'intérieur, les salles des départs
et des arrivées ont été refaites et rénovées,
afin que les passagers descendant d'avion, ou le prenant, ne
risquent pas de se côtoyer, ce qui a nécessité
des portes supplémentaires. L'enregistrement se fait dans
le foyer d'entrée; là se trouvent également
les comptoirs des différentes compagnies aériennes,
ainsi qu'un kioske d'informations. Les passagers et leurs bagages
sont vérifiés, et le mur séparant l'entrée
de la sortie a été surélevé jusqu'au
plafond, afin d'empêcher que des objets puissent être
jetés, par-dessus le mur, jusque dans l'autre section.
Un endroit a été réservé à
la fouille de tout passager suspect. En outre, il a fallu faire
spécialement appel à des douaniers de Achern, vu
que les postes de douane de Lahr et de Kehl n'existent plus.
En toute dernière minute, le bâtiment vert-militaire
de l'aéroport s'est vu rapidement passé au blanc,
afin de présenter dorénavant une allure plus conforme
à son rôle civil .
Autre gros obstacle à franchir: trouver des contrôleurs
aériens allemands qui travailleraient sous contrat, ainsi
qu'exigé par le gouvernement allemand avant qu'il ne permette
les vols réguliers. Il a même fallu que la Cie de
l'aéroport de Lahr attende, jusqu'à il n'y a que
quelques semaines seulement, pour savoir si l'aéroport
de Lahr serait bien autorisé à dépanner
celui de Strasbourg. Quoique la France et l'Allemagne fassent
toutes deux partie de l'Union européenne, les organismes
du traffic aérien sont choses séparées,
et le personnel de Contrôle du traffic aérien de
Strasbourg s'est vu refuser l'autorisation de traverser le Rhin
en même temps que les avions ! Des experts allemands ont
été spécialement formés (et ont même
dû apprendre à fournir des instructions en français)!
La majeur partie des dépenses supplémentaires de
la Cie de l'aéroport de Lahr sera proviendra des salaires
à verser aux contrôleurs aériens supplémentaires,
aux pompiers et au personnel sécuritaire (soit environ
DM340.000). De plus, il faudra faire face aux coûts de
location d'équipements techniques, ainsi qu'aux honoraires
des autorités allemandes du Contrôle du traffic
aérien, en compensation du prêt du personnel de
ce Contrôle du traffic aérien, ainsi que sa surveillance.
Autres problème: le dimanche 16 juillet, veille du "décollage"
envisagé, au cours d'un orage , un éclair toucha
directement la tour de contrôle de l'aéroport de
Lahr, menaçant de tout compromettre. Le coût des
réparations est estimé à environ DM250.000.
Entrevue avec monsieur Kurt Jäger, directeur
de l'aéroport:
Cela fait maintenant exactement 6 ans que les Forces canadiennes
ont quitté Lahr, et presque 7 ans que le 1 ATU a cessé
ses opération à la Base des Forces canadiennes
de Lahr. En lisant ceci, la plupart des Canadien(ne)s risquent
de se demander pourquoi ce délai ! Nous avons bavardé
avec monsieur Jäger , le directeur de l'aéroport
de Lahr, au sujet des difficultés rencontrées par
son organisation, ainsi que ce qu'elle espère être
en mesure de faire, suite à ces vols intérimaires.
Monsieur Jäger admet que ce fut une erreur de fermer l'aéroport
complètement, après le départ des Canadien(ne)s,
car ceci a permis aux riverains de s'habituer à une vie
sans bruits d'avions. Pour cette raison, l'établissement
d'un aéroport commercial s'est avéré difficile
par la suite: même une fois la compagnie fondée,
et après que les avions eurent commencé à
voler, les communautés de Lahr, Friesenheim, Offenbourg
et Fribourg eurent encore leur mot à dire, tout en ne
pouvant se mettre d'accord, quant aux objectifs à fixer.
À l'aéroport, on buta également sur l'opposition
de plusieurs gérants qui s'efforçaient de promouvoir
le commerce. C'est, également, à cette époque
que la restriction des 20 tonnes maximum fut introduite, et que
les vols de nuit furent proscrits. Friesenheim refuse toujours
d'accorder son feu vert à la construction d'un phare central
sur son territoire, ce qui fait que la navigation aux instruments
ne peut toujours se faire que par le sud.
Monsieur Jäger nous fit remarquer qu'une avancée
se produisit pourtant, lorsque la compagnie fut confiée
à uf consortium d'investiteurs locaux, désireux
d'utiliser l'aéroport pour le transport. Il continue,
néanmoins, d'être désavantagé par
rapport au Parc aérien de Baden-Baden - que le gouvernement
provincial de Stuttgart soutient de ses subsides, malgré
des irrégularités financières de ce côté.
La situation bureaucratique s'envenime du fait de la rivalité
persistante entre Lahr et Baden-Söllingen; l'aéroport
de Baden est arrivé favorit, avec une avance de deux ans
sur Lahr, n'ayant eu qu'un seul propriétaire depuis le
tout début, et parce qu'il se consacre aux vols nolisés
(charter) pour passagers. Selon monsieur Jäger, tous ces
facteurs entravent considérablement le développement
du concept selon lequel l'aéroport de Lahr pourrait éventuellement
devenir "Lahr, terminal de fret". Il espère
néanmoins, qu'en montrant à tous "de quoi
il est capable", l'aéroport de Lahr finira par influencer
l'opinion publique en sa faveur.
Monsieur Jäger est heureux de voir que l'on se sert
finalement des installations canadiennes, même si ce n'est,
pour l'instant, que pour un temps déterminé. Il
ajoute que quatre Canadiens font partie de sa compagnie: Maurice
Imbault, Ray Redmond, Michael Martel et Frank Becker (qui se
rendra prochainement à la "Réunion des gosses
de militaires", à Ottawa.
Traduction française: Gabrielle Folange-Feuerherm
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